Le Ministère de l'Éducation nationale, de l'Université, de la Recherche ne gère par directement ce qu'il se passe dans les établissements scolaires. Contrairement à la France, il ne publie pas de "Programmes officiels" à faire respecter dans chaque région mais donne uniquement des indications de savoirs, de compétences que les élèves devraient atteindre.
Les "Collectivités Territoriales" suivent les indications du Ministère étant donné qu'en Italie, les établissements scolaires sont autonomes (loi d'autonomie scolaire). C'est pour cela que chaque établissement a ses propres objectifs d'enseignement, qu'il existe autant de programmes d'enseignement qu'il existe d'établissements (c'est une vision très simplifiée des choses : il existe un "curricula", c'est à dire un programme minimum, émanant de l'Etat, un de la région que les établissements se doivent de respecter). Pour informer les familles de l'offre de formation chaque école édite son P.O.F. (Piano dell'Offerta Formativa) et P.E.I. (Progetto Educativo d'Istituto).
Le P.O.F. correspond au contrat que l'école propose aux élèves, aux familles et aux Collectivités Territoriales. Il sert de base à l'élaboration d'un plan d'étude personnalisé (P.S.P. = il Piano di Studi Personalizzato). Dans le P.O.F., on doit pouvoir trouver les ressources de l'école et du territoire, une analyse des besoins des usagers, les objectifs de formation, les projets mis en place pour atteindre les objectifs, et, les critères d'évaluation des formations.
Le P.E.I. indique :
- les principes fondamentaux qui ont inspiré la politique éducative de l'établissement scolaire,
- les finalités éducatives, les objectifs didactiques et formatifs
- les critères d'organisation et de gestion des ressources humaines et matérielles,
- les activités que l'école compte mettre en place, les modalités d'organisation de ces activités.
Le P.S.P. tient compte des indications nationales, des compétences et savoirs que les élèves doivent atteindre (notamment pour les évaluations nationales), des exigences de la région (par exemple en Vallée d'Aoste, l'importance donnée à l'enseignement du Français). Ce document peut être élaboré pour chaque élève, il ne concerne pas uniquement les élèves en difficulté ou handicapés. Les bons élèves peuvent, par exemple, obtenir grâce à ce document des enseignements en plus (latin, ...).
Les compétences budgétaires
L'État gère le recrutement, la rémunération des chefs d'établissements, des enseignants, du personnel administratif, du personnel pour l'entretien des locaux et du financement des activités pédagogiques.
Les régions sont responsables de la filière professionnelle du 2ème cycle : financements des activités pédagogiques, de l'embauche, des salaires des chefs d'établissements et des enseignants.
Les provinces gèrent les locaux et le mobilier des écoles publiques autonomes du 2ème cycle.
Les communes doivent gérer les bâtiments, le mobilier, le service de cantine pour les écoles publiques autonomes primaires et secondaires du 1er degré. Pour les écoles de l'enfance, les communes s'occupent des bâtiments, du mobilier, du service de cantine ainsi que les assistants. Le matériel didactique et les activités peuvent éventuellement être suivis par les communes.
Les écoles privées n'ont pas de financement directement par l'Etat.
Les compétences exclusives des régions
L'article 117 de la Constitution attribue aux régions la compétence législative exclusive sur le système de l'instruction et de la formation professionnelle. Par cet article, les régions à statut ordinaire se doivent de tenir compte des niveaux d'exigence établis par l'État et des dispositives de l'Union Européenne concernant la formation (exemple : réforme universitaire). Les régions autonomes peuvent adapter les enseignements recommandés par l'Etat (article 39 - 40). Bien qu'ayant l'autonomie scolaire, les régions se doivent de respecter un minimum de formation (durée des cours, validité nationale des certifications, respect des critères nationaux de crédits selon les cours).