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Travail sur le portrait, la description

Ce lundi, j'ai travaillé avec la classe de 3èmeC sur le portrait, la description. Voici les différents extraits utilisés :
"Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Nous avons déjà esquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d'ombre profonde étaient presque éteints à force d'avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l'angoisse habituelle, qu'on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés. Ses mains étaient, comme sa mère l'avait deviné, « perdues d'engelures ». Le feu qui l'éclairait en ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait sa maigreur affreusement visible. Comme elle grelottait toujours, elle avait pris l'habitude de serrer ses genoux l'un contre l'autre. Tout son vêtement n'était qu'un haillon qui eût fait pitié l'été et qui faisait horreur l'hiver. Elle n'avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon de laine. On voyait sa peau çà et là, et l'on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l'avait touchée. Ses jambes étaient rouges et grêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer. Toute la personne de cette enfant, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l'autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte."
Victor Hugo, Les Misérables, deuxième partie, III, 8, 1862.
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"Les commis entraient toujours. Maintenant, Denise les entendait plaisanter, quand ils passaient près d'elle, en lui jetant un coup d’oeil oblique. Son embarras grandissait d'être ainsi en spectacle, elle se décidait à faire dans le quartier une promenade d'une demi-heure, lorsque la vue d'un jeune homme, qui arrivait rapidement par la rue Port-Mahon, l'arrêta une minute encore. Evidemment, ce devait être un chef de rayon, car tous les commis le saluaient. Il était grand, la peau blanche, la barbe soignée ; et il avait des yeux couleur de vieil or, d'une douceur de velours, qu'il fixa un instant sur elle, au moment où il traversa la place. Déjà il entrait dans le magasin, indifférent, qu'elle restait immobile, toute retournée par ce regard, emplie d'une émotion singulière, où il y avait plus de malaise que de charme. Décidément, la peur la prenait, elle se mit à descendre lentement la rue Gaillon, puis la rue Saint-Roch, en attendant que le courage lui revînt. C'était mieux qu'un chef de rayon, c'était Octave Mouret en personne. Il n'avait pas dormi, cette nuit-là, car au sortir d'une soirée chez un agent de change, il était allé souper avec un ami et deux femmes..."
Emile Zola, Au Bonheur des dames, 1883

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"Elle a bien soixante-dix ans, et elle doit avoir les cheveux blancs ; je n'en sais rien, personne n'en sait rien, car elle a toujours un serre-tête noir qui lui colle comme du taffetas(1) sur le crâne ; elle a, par exemple, la barbe grise, un bouquet de poils ici, une petite mèche qui frisotte par là, et de tous côtés des poireaux(2) comme des groseilles, qui ont l'air de bouillir sur sa figure. Pour mieux dire, sa tête rappelle, par le haut, à cause du serre-tête noir, une pomme de terre brûlée et, par le bas, une pomme de terre germée : j'en ai trouvé une gonflée, violette, l'autre matin, sous le fourneau, qui ressemble à grand'tante Agnès comme deux gouttes d'eau."
J. Vallès, L'Enfant, 1879.
1.Taffetas : tissu de soie, mais ici morceau de tissu enduit d'une substance collante. 2. Poireaux: ici au sens de verrues (familier).

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"On m'a dit cent fois qu'elle avait été belle. Je vous autorise à le croire, malgré ses grandes oreilles, ses cheveux secs, sa bouche serrée et ce bas de visage agressif qui faisait dire à Frédie, toujours fertile en mots : “Dès qu'elle ouvre la bouche, j'ai l'impression de recevoir un coup de pied au cul. Ce n'est pas étonnant avec ce menton en galoche”. Outre ses enfants, je ne lui connaîtrai que deux ennemis, les mites et les épinards. Je ne crois rien pouvoir ajouter à ce tableau, sinon qu'elle avait de larges mains et de larges pieds, dont elle savait se servir. Le nombre de kilogrammètres dépensés par ces extrémités en direction de mes joues et de mes fesses pose un intéressant problème de gaspillage de l'énergie."
H. Bazin, Vipère au poing, 1948

Le professeur souhaitait que ses élèves découvrent des descriptions plus élaborées que celles dont les élèves ont l'habitude de réaliser. Le but était de faire découvrir des textes littéraires sur un thème déjà connu des élèves (description, portrait d'une personne). Pendant la séance de 1h30, nous avons travaillé sur le vocabulaire inconnu du texte, la compréhension des extraits (de qui parle les auteurs, caractéristiques des personnages, redéfinir ces caractéristiques, synonymes, champ lexical). Nous avons ensuite parler rapidement des auteurs (courant littéraire : équivalence en Italie ; d'autres oeuvres)

Les élèves partant en lycée linguistique se sont montrés très intéressés par les textes, les autres n'avaient pas l'air bien passionné.

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A
Là je suis ramenée à mes années collège et lycée avec Hugo et Vallès ! Instant nostalgie !
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